Barrières de coût à l'observance médicamenteuse et comment obtenir de l'aide

Barrières de coût à l'observance médicamenteuse et comment obtenir de l'aide

Prendre ses médicaments comme prescrit, c’est plus qu’une question de discipline. C’est une question de survie. Pourtant, chaque année, 1 sur 5 Américains ne remplit pas une ordonnance parce qu’il ne peut pas se le permettre. Ce n’est pas une exception. C’est une réalité quotidienne pour des millions de personnes. Et ça tue.

Le coût, le principal obstacle à l’observance

Les gens ne manquent pas de volonté. Ils manquent d’argent. Une étude de 2022 dans le Journal of Managed Care & Pharmacy a analysé 71 recherches et trouvé que dans 84 % des cas, une augmentation des frais à la charge du patient entraînait une baisse de l’observance. Plus le ticket modérateur est élevé, plus les gens sautent des doses, divisent les comprimés ou retardent les renouvellements.

Les chiffres sont effrayants : 8,2 % des adultes aux États-Unis ont déclaré avoir modifié leur prise de médicaments à cause du prix. Pour certains, c’est un simple comprimé de moins par jour. Pour d’autres, c’est une interruption complète de traitement pour une maladie chronique comme l’hypertension, le diabète ou les maladies cardiaques. Et ça a des conséquences mortelles : environ 125 000 décès par an aux États-Unis sont directement liés à une mauvaise observance médicamenteuse, selon l’American Heart Association.

Le problème n’est pas seulement l’absence d’assurance. Même avec une couverture, les patients paient encore des centaines de dollars par mois. Un bénéficiaire de Medicare âgé de 62 ans a raconté à Kaiser Health News qu’elle dépensait 350 $ par mois pour ses médicaments après sa couverture Part D - une somme qui la force à choisir entre ses pilules et ses courses. Un patient sur Reddit a écrit qu’il payait 800 $ par mois pour de l’insuline, malgré son assurance. Ce n’est pas un cas isolé.

Qui est le plus touché ?

Les inégalités sont criantes. Les personnes à faible revenu, les minorités ethniques, les jeunes adultes et les femmes sont beaucoup plus susceptibles de sacrifier leurs médicaments pour payer le loyer, la nourriture ou les factures d’électricité. Une étude du CDC montre que les patients dont le revenu familial est inférieur à 25 000 $ par an ont 3,2 fois plus de chances de ne pas prendre leurs médicaments que ceux qui gagnent plus de 75 000 $.

Ce n’est pas une question de « ne pas comprendre » ou de « ne pas être discipliné ». C’est une question de survie économique. Les patients ne choisissent pas de ne pas prendre leurs médicaments. Ils choisissent entre leur santé et leur logement. Entre leur vie et leur prochain repas.

Homme sur le sol, des bouteilles de médicaments vides, des portails d'aide médicale brillent au-dessus de lui.

Comment les patients s’adaptent - et pourquoi ça ne suffit pas

Beaucoup essaient de faire avec moins. Ils divisent les comprimés. Ils prennent un comprimé tous les deux jours. Ils attendent d’avoir de l’argent pour renouveler. Certains demandent des échantillons à leur médecin - 32 % des patients le font, selon une enquête de 2022. D’autres utilisent des applications comme GoodRx ou SingleCare pour trouver les prix les plus bas en ville. Ces outils peuvent réduire les coûts de 50 à 80 %, et plus de 35 millions d’Américains les utilisent chaque mois.

Mais ce ne sont que des bandages. Un patient diabétique a raconté qu’il a vu son observance passer de 60 % à 95 % après avoir rejoint un programme d’aide du fabricant. Son insuline est passée de 500 $ à 25 $ par mois. C’est une victoire. Mais pourquoi doit-il y avoir un programme spécial pour qu’un médicament vital soit abordable ?

Et puis, il y a le « choc du prix » : 41 % des patients disent que le coût à la caisse de la pharmacie est bien plus élevé que ce que leur médecin leur avait annoncé. Les systèmes de soins ne communiquent pas bien les coûts réels. Le médecin pense que c’est bon marché. Le patient pense qu’il peut le payer. Et à la pharmacie, c’est une surprise désastreuse.

Les solutions qui marchent - et comment les utiliser

Il existe des solutions réelles. Pas des promesses. Des outils concrets que vous pouvez utiliser dès aujourd’hui.

  • Programmes d’aide des fabricants : Plus de 1,8 million d’Américains ont bénéficié en 2022 de programmes offerts par les laboratoires pharmaceutiques. Pour y avoir accès, votre revenu doit être inférieur à 400 % du seuil de pauvreté fédéral - soit 55 520 $ par an pour une personne seule. Ces programmes couvrent souvent 100 % du coût pour les médicaments de marque.
  • Extra Help (Medicare) : Si vous êtes bénéficiaire de Medicare et que vos revenus sont faibles, vous pouvez bénéficier de l’aide supplémentaire. En 2023, cela couvre jusqu’à 5 000 $ par an de dépenses médicamenteuses. Vous n’avez pas besoin d’être extrêmement pauvre pour y avoir droit.
  • Commandes de 90 jours : Plutôt que de prendre 30 jours à la fois, demandez un approvisionnement de 90 jours via une pharmacie en ligne. Cela réduit souvent le coût par comprimé de 20 à 30 %. Moins de visites à la pharmacie, moins de frais fixes.
  • GoodRx et SingleCare : Ces sites comparateurs affichent les prix réels dans les pharmacies locales. Ils fonctionnent même sans assurance. Vous pouvez imprimer un coupon ou le montrer directement sur votre téléphone. Parfois, le prix avec le coupon est plus bas que votre ticket modérateur.
  • Partnership for Prescription Assistance : Ce service gratuit (www.pparx.org) vous aide à trouver le bon programme parmi des centaines. Il suffit de dire quel médicament vous prenez et quel est votre revenu.

Et n’oubliez pas : demandez à votre médecin. Il ne sait pas que vous avez du mal à payer, à moins que vous ne le lui disiez. Une étude de 2023 montre que 65 % des médecins discutent maintenant du coût avec leurs patients - contre 42 % en 2019. Mais ça ne se fait pas tout seul. Vous devez ouvrir la conversation.

Groupe de patients atteint une temple de l'aide médicale, des clés et coupons leur sont offerts depuis le ciel.

Les changements à venir - et ce qu’ils changent vraiment

La loi sur l’inflation de 2022 a apporté des réformes majeures pour les bénéficiaires de Medicare. À partir de 2024, la « faille de couverture » (donut hole) disparaît. À partir de 2025, le plafond annuel des frais à la charge du patient sera fixé à 2 000 $ - une première aux États-Unis.

Et en 2025, un nouveau programme appelé M3P permettra aux patients de payer leurs médicaments coûteux en mensualités, plutôt qu’en un seul paiement. Cela pourrait soulager des milliers de personnes qui doivent réunir 1 000 $ d’un coup pour une injection mensuelle.

Les médicaments génériques sont aussi de plus en plus nombreux : 1 123 ont été approuvés en 2022 par la FDA. Chaque générique qui entre sur le marché réduit les prix. Mais les médicaments de marque - surtout l’insuline, les traitements contre le cancer ou les maladies rares - restent hors de portée pour beaucoup.

Le problème n’est pas seulement le prix. C’est le système. Les laboratoires augmentent les prix de 368 % pour l’insuline entre 2007 et 2017, alors que les coûts de production sont restés stables. Et les assurances ne négocient pas vraiment. Elles ajoutent des franchises, des coinsurances, des listes de médicaments triés par niveaux de prix - et laissent les patients se débattre.

Que faire maintenant ? Votre plan d’action

Vous ne pouvez pas changer le système seul. Mais vous pouvez changer votre situation.

  1. Parlez à votre médecin : Dites-lui clairement : « Je ne peux pas payer ce médicament. » Il peut changer pour un générique, un médicament sur liste de prix réduit, ou vous orienter vers un programme d’aide.
  2. Utilisez GoodRx : Entrez le nom de votre médicament et votre code postal. Comparez les prix dans 5 pharmacies locales. Essayez le coupon.
  3. Recherchez le programme du fabricant : Allez sur le site du laboratoire qui fabrique votre médicament. Cherchez « patient assistance program ». Remplissez le formulaire. Cela prend 10 minutes. Ça peut vous sauver des centaines de dollars.
  4. Demandez un approvisionnement de 90 jours : Demandez à votre pharmacien s’il peut vous en fournir un. Si votre assurance le permet, vous économisez.
  5. Appelez Medicare ou votre assureur : Demandez si vous êtes éligible à Extra Help. Ce n’est pas automatique. Vous devez le demander.

Prendre vos médicaments n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Et vous n’êtes pas seul. Des millions de personnes traversent la même épreuve. Mais il y a des solutions. Il suffit de les chercher - et de les demander.

Pourquoi les médicaments sont-ils si chers aux États-Unis ?

Les prix des médicaments aux États-Unis sont les plus élevés au monde, car les laboratoires fixent eux-mêmes les tarifs sans contrôle public. Contrairement à d’autres pays, le gouvernement américain ne négocie pas les prix pour Medicare ou les assurances privées. Les médicaments de marque, comme l’insuline ou les traitements contre le cancer, peuvent coûter des centaines de fois plus cher qu’en Europe ou au Canada, même si leur production est identique.

Puis-je obtenir de l’aide même si j’ai une assurance ?

Oui. Même avec une assurance, vous pouvez avoir un ticket modérateur élevé, une franchise non atteinte ou un médicament hors liste. Les programmes d’aide des fabricants, GoodRx, et Extra Help (pour Medicare) sont conçus pour les personnes qui paient encore trop cher malgré leur couverture. L’assurance ne protège pas toujours du coût réel.

Les génériques sont-ils aussi efficaces que les médicaments de marque ?

Oui. Les génériques contiennent le même ingrédient actif, à la même dose, et sont approuvés par la FDA comme étant aussi sûrs et efficaces que les médicaments de marque. La seule différence est le prix - souvent 80 à 90 % moins cher. Si votre médecin vous prescrit un médicament de marque, demandez s’il existe un générique équivalent.

Que faire si mon médecin refuse de changer de médicament ?

Si votre médecin ne veut pas changer, demandez une seconde opinion. Vous pouvez aussi demander à votre pharmacien d’envoyer une demande de « prior authorization » à votre assurance pour justifier un changement. Certains médicaments coûteux peuvent être remplacés par des alternatives moins chères sans compromettre l’efficacité. Votre santé mérite d’être défendue.

Les programmes d’aide prennent-ils beaucoup de temps ?

La plupart prennent moins de 15 minutes à remplir. Certains peuvent prendre 2 à 4 semaines pour être traités, mais certains laboratoires proposent une aide immédiate avec des échantillons ou des coupons de 30 jours en attendant. Ne laissez pas la peur du temps vous empêcher de demander. Votre vie en dépend.

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